Des qualités paysagères indéniables à valoriser par des ouvertures plus nombreuses et un développement urbain contenu
La plaine de Pluvigner fait partie de l’ensemble des paysages de l’Armor Morbihannais
Entre la campagne de Guidel, à l’ouest, et la plaine de Sainte-Anne-d’Auray, à l’est, la plaine de Pluvigner s’adosse aux reliefs encore peu marqués de la campagne de Languidic qui la délimitent dans sa partie nord.
Au sud, la plaine se développe de part et d’autre de la ria d’Etel et s’articule avec des faciès côtiers variés : le massif dunaire de Gâvres à Plouharnel, et la côte des mégalithes.
Les limites assez lisibles avec les plaines voisines sont définies par les rivières : le Blavet et la rade de Lorient à l’ouest, la rivière d’Auray à l’est. La plaine de Pluvigner a la particularité de former l’écrin de la ria d’Etel, qui a tendance à focaliser les regards. C’est un paysage d’"entre-deux" qui subit les effets de polarité des sites côtiers qui la voisinent.
La charpente naturelle
Pourtant, les qualités paysagères de la plaine sont indéniables, notamment celles des ambiances boisées que ponctuent des structures urbaines remarquables.
Les horizons étroits de la plaine sont vite refermés par les volumes opaques des boisements où dominent les conifères. Dans ce contexte, tout effet de profondeur est précieux pour le paysage.
Les structures bâties et les infrastructures
Le réseau est-ouest des infrastructures routières (RN 165, RD 765) et ferroviaires, relie les villes d’Hennebont et d’Auray distantes seulement d’une vingtaine de kilomètres.
Comme dans l’ensemble des plaines littorales, il n’existe pas d’élément de structure naturelle, notamment de relief ou de cours d’eau marquants auquel pourrait "s’accrocher" le développement urbain. Les infrastructures sont donc les principaux vecteurs d’un développement urbain qui a pris la forme d’un mitage linéaire, impactant fortement les perceptions du parcours et donnant la sensation d’un paysage plus ou moins péri-urbain se répétant à l’infini.
A la répartition des bourgs et des hameaux traditionnellement dispersés dans la plaine, s’ajoute l’influence des routes et des voies ferrées qui font se distinguer deux structures d’implantation différentes :
les bourgs situés autour de la ria d’Etel (Plouhinec, Merlevenez, Nostang, Mendon, Sainte-Hélène, Belz...) sont reliés les uns aux autres par un réseau de routes qui fait le tour de la ria avec laquelle ils n’entretiennent pas de relation lisible ;
les agglomérations situées le long d’axes routiers majeurs (Languidic, Pluvigner, Brandérion, Landévant) dont les structures initialement groupées se sont développées spontanément en étoile. Les formes urbaines subissent l’influence des infrastructures (effets d’étalement linéaire et de forte segmentation par l’infrastructure, concentration des zones d’activités le long des routes...).
Les mégalithes de Plouharnel
Entre Erdeven, Ploemel, Plouharnel, Carnac, se concentre un patrimoine mégalithique extrêmement riche et précieux. Les conditions de découverte sont parfois peu valorisantes pour ces sites exceptionnels, souvent cotoyés par les réseaux d’infrastructures.
Soigner les ouvertures et organiser les perspectives [1])
Dans ce paysage sans horizon, où il n’existe que peu d’ouvertures, qui est vite refermé par des composantes végétales ou bâties, il faut envisager d’autres conditions de découverte et de mise en valeur.
Les ouvertures cultivées sont indispensables à la personnalité et à la richesse du paysage. Elles sont à encourager, notamment à l’approche des côtes où l’agriculture se raréfie.
Les perspectives peuvent s’avérer être des outils efficaces pour retrouver des effets de profondeur.
Les modalités de développement urbain peuvent être envisagées davantage en accord avec ce principe en considérant les axes viaires comme des perspectives à valoriser (réflexion sur les volumétries, organisation et traitement des fronts bâtis de part et d’autre des voies, accompagnement paysager...).
Soigner les abords routiers et maîtriser, voire réduire la part des boisements et des friches
Les conditions de lecture du caractère cultivé et boisé de la plaine ne doivent pas être affaiblies par des phénomènes d’enfrichement spontanés qui, en s’additionnant aux développements urbains linéaires, "étouffent" les rares dégagements existants.
Il existe peu d’ouvertures, il faut donc porter une attention à la gestion des abords routiers qui ont tendance à très vite refermer le paysage.
Mettre un terme à l’urbanisation le long des routes
Les développements communaux à l’intérieur des enveloppes déjà construites sont à favoriser et un seuil urbain est à établir aux entrées de bourgs, en identifiant leurs limites. Ce seuil doit être traité de manière à qualifier davantage le sentiment d’entrée des villages.
Organiser les conditions d’approche et de visite des sites mégalithiques
Certains sites mégalithiques sont particulièrement dévalorisés par le développement récents de l’urbanisation et des infrastructures. Ces sites plusieurs fois millénaires doivent faire l’objet d’une protection et d’une mise en valeur à la hauteur de leur statut "remarquable".
Il est important que les conditions de visites soient organisées dans un cadre paysager tout aussi remarquable, soigné, et autant que possible à l’écart des infrastructures routières.
Constituer des parcours paysagers en réseau : la plaine boisée comme structure de parcours reliant les "pôles touristiques"
En parallèle des réseaux routiers, il serait intéressant de compléter les possibilités de parcours par un réseau de pistes cyclables reliant les pôles d’attraction touristique bordant la plaine. Ce réseau organisé en tant que tel pourrait alternativement emprunter des tronçons de chemins et de routes communales et départementales, en complétant au besoin les réseaux existants.
[1] Voir aussi les enjeux de l’ensemble de paysages de l’Armor morbihannais