Un complexe urbain et portuaire aux nombreuses séquences paysagères
Cette unité appartient à l’ensemble de paysages de l’Armor morbihannais
L’image de Lorient est vive, principalement alimentée par son activité portuaire historique, variée et intense. Le nom même de la ville stimule un imaginaire de voyages lointains. On la surnomme « La ville aux cinq ports » (militaire, pêche, commerce, voyageurs et plaisance) :
le port militaire avec son arsenal ;
le port de pêche de Keroman (2e port de pêche de France en tonnage, avec une flotte de 130 bateaux) ;
le port de commerce de Kergroise, avec ses espaces de stockage (1er port de la région Bretagne) dont produits pétroliers, aliments pour bétail, sable, conteneurs...
le port de plaisance situé sur plusieurs sites : en centre-ville, à Kernevel, à Port-Louis, à Gâvres, à Guidel, et sur l’ancienne base sous-marine de Keroman ;
le port de voyageurs pour le "courrier" des îles (Groix et Belle-Île-en-Mer).
Cet ensemble portuaire est classé d’intérêt national (PIN) : le port de commerce (Kergroise et port du Rohu), le port de pêche (Keroman) , le port de plaisance de Kernevel, la gare maritime.
L’image touristique de Lorient est en nette progression, mais reste néanmoins moyennement attractive. La reconnaissance patrimoniale de la ville reconstruite est actée en 2005, avec le label « Ville d’Art et d’Histoire ».
Le site de Lorient est clairement identifié par le tropisme de la rade. Les limites de l’unité paysagère, moins nettement définies, s’appuient sur l’aire urbaine et son influence sur les paysages constitués de :
la vallée du Blavet en amont jusqu’à Hennebont compris ;
la vallée du Scorff en amont jusqu’à Pont-Scorff compris ;
la petite mer de Gâvres ;
la côte atlantique jusqu’à l’embouchure de la Laîta (non comprise).
S’agissant d’une unité très urbaine, les limites constituent en elles-mêmes un des enjeux forts du paysage, traité en fin de portrait.
Lorient, la ville
Cartes de l’évolution urbaine
Un passé militaire déterminant
Le nom de la ville trouve son origine dans celui du premier navire de la Compagnie des Indes, « le Soleil d’Orient », mis en chantier dans une zone nommée « le Faouëdic ». Mais on trouverait aussi une origine bretonne sous le nom de Loc Roc’h Yann (domaine faisant partie des terres des sires de Rohan-Guémené) avec l’installation d’un château sur le rocher au milieu de l’arsenal actuel.
Le site naturel de la rade, à l’entrée étroite, protégée par l’île de Groix, lui donne les qualités d’un port à l’abri des tempêtes et facilement défendu. La construction de la ville de Lorient y prend son origine avec le développement des chantiers navals installés en face de Port-Louis, en 1666. L’installation de la Compagnie des Indes créée par Colbert stimule aussi le développement de la ville autour des chantiers royaux vers 1670. Ainsi, l’accroissement de la ville se réalise sous les impulsions combinées des activités maritimes militaires et commerciales. Plusieurs plans d’urbanisme seront appliqués à partir de 1708.
Un riche passé militaire a donc façonné l’évolution et la construction de la ville, en partie grâce à la présence de Lanester comme site de construction navale. L’empreinte militaire se développera successivement par la construction de l’arsenal royal de Louis XV, du port de Guerre sous Napoléon III en 1865, puis de la base sous-marine de Keroman pendant la Seconde Guerre mondiale.
La fonction militaire du port de Lorient causera de graves destructions à la ville en 1943-1944. Les nombreux bombardements la détruisirent en quasi totalité. Au lendemain de la guerre, il a fallu reconstruire vite, avec d’abord l’installation de baraquements en bois en 1948 (du provisoire qui durera de 10 à 40 ans). On répertoriait alors 28 cités à Lorient et une vingtaine dans les communes voisines. L’aspect actuel de la ville est essentiellement le fait de la Reconstruction.
Le port de pêche, créé en 1920, va se développer avec la pêche à la sardine.
Un site composé de quatre grandes entités géographiques
Le littoral
Il regroupe une variété importante de séquences paysagères. On y trouve tour à tour les motifs des plages de sables, des platiers rocheux, des espaces dunaires, des stations balnéaires du littoral de Ploemeur, puis, le tombolo sableux de Gâvres.
Les vallées et rias
Elles sont ponctuées de vasières et de schorres, s’ouvrent largement sur la rade de Lorient et remontent dans les terres en sculptant des méandres plus ou moins profonds et abruptes selon la dureté des roches.
Les plateaux hauts
Le territoire de la rade.
Une trame urbaine polycentrique
Plusieurs ensembles urbains forment l’agglomération autour de la rade :
une ville principale, Lorient ;
deux villes contiguës, Lanester et Hennebont ;
un ensemble de communes satellitaires de part et d’autre de la rade de Lorient, et en remontant les cours du Blavet et du Scorff.
la rade (en ses diverses parties) est au centre de l’unité de paysage dont elle constitue l’espace de référence. La ville se comprend par ce vide central, qui accueille l’évolution des bateaux, et sur lequel se focalisent les formes urbaines.
La rade elle-même se découpe en plusieurs séquences :
Une opposition entre l’est et l’ouest
L’ensemble urbain, principalement constitué par Lorient et Lanester, présente de fortes différences entre les deux rives de la rade et du Scorff : une rive ouest hyper-active et sur-investie opposée à une rive est naturelle, calme, offrant un panorama sur la vie portuaire de Lorient.
LA RIVE OUEST
Larmor-Plage
Larmor-Plage est la station balnéaire de Lorient. Comme son nom l’indique, c’est une cité de bord de mer bordée de plages de sable. vers le nord, certaines vues lointaines s’ouvrent sur la ville de Lorient. A l’arrière, le paysage des terres offre des panoramas de bocages et de boisements. Ces espaces naturels et agricoles représentent de belles coupures d’urbanisation, mais rencontrent rapidement les développement urbains de Ploemeur.
A l’ouest de la ville, on trouve l’espace du parc océanique de Kerguélen, composé d’anciens marécages littoraux, puis une suite de plages de sables. L’accessibilité au rivage sur ces plages se fait par d’étroits accès, de véritables fenêtres sur la mer. Les plages attenantes au centre ville sont accessibles et visibles par des voies de desserte secondaires et des parkings.
Le centre-bourg de Larmor-Plage présente des ambiances architecturales balnéaires avec la présence de villas : Ker Margaret, Kerlilon, Kernevel... Le passé militaire est ici très présent et Larmor-Plage conserve plusieurs blockhaus visibles sur ses plages. Depuis les plages, les côtes de l’ile de Groix et les fortifications de Port-Louis sont en covisibilité.
La nature des côtes change lorsque l’on pénètre dans la rade de Lorient. A partir de la pointe de Kernevel, les plages font place aux ports de plaisance et aux vasières.
L’Etang du Ter
Au sud de Lorient, l’étang et l’embouchure du Ter sont une pièce naturelle majeure dans le paysage lorientais. Elle se compose de trois séquences paysagères :
l’embouchure du Ter sur la rade avec des vasières au sud et une façade portuaire investie par un nouveau port de plaisance, la cité de la voile Eric Tabarly ;
un plan d’eau aux pieds du quartier pavillonnaire du Ter, du pont de Kermélo jusqu’au passage de la rue du Moulin du Ter ;
un étang aux rives boisés, qui se déploie du passage de la rue du Moulin du Ter en contrebas de l’auberge de jeunesse, jusqu’au fond de l’étang à Saint-Mathurin.
Un circuit de promenade permet de faire le tour de l’étang. On constate que la rive nord est la plus urbanisée, et que la rive sud dispose d’un boisement dense en amont du pont de Kermélo. La rive côté ville offre des vues plus dégagées sur le plan d’eau avec une promenade linéaire. La rive nord propose un cheminement serpentant dans les bois avec des vues cadrées sur l’étang.
De la base sous-marine, la cité de la mer Eric Tabarly, aux quais de la gare maritime
Ce secteur est le témoin majeur de la pluri-activité portuaire du port de Lorient. Il regroupe, au sud, l’ancienne base sous-marine de Keroman, la cité de la mer Eric Tabarly, et, sur la pointe de Keroman, le port de pêche, un embarcadère, le port de commerce avec ses silos, ses quais et ses grues.
Longtemps laissée en désuétude, l’ancienne base sous-marine a trouvé aujourd’hui un nouveau souffle. L’installation de la cité de la mer Eric Tabarly amène le public sur ses quais et suscite de nouveaux usages qui transforment la perception du site.
Le projet de reconversion de Keroman, mené par la communauté d’agglomération Cap Lorient a pour objectifs principaux le développement d’un pôle économique et touristique tourné vers le nautisme, et l’installation du premier pôle de course nautique européen.
Cette interface maritime a la particularité d’offrir deux échelles de perception, celle du gigantisme des bâtiments et celle du piéton. Plusieurs bâtiments que l’on peut considérer comme des « personnages urbains » participent à ce gigantisme.
- La cité de la voile avec ses quais aménagés, et son port de plaisance
Cette nouvelle silhouette urbaine porte une image forte de maritimité. Les aménagements urbains réalisés sont soignés. Ils utilisent un vocabulaire minéral et végétal qui tisse du lien. Ils soulignent des continuités paysagères avec les éléments naturels et urbains du site.
- L’ancienne base sous-marine
Cette forteresse de béton est aujourd’hui réinvestie par des activités d’entreprises tournées vers la mer. La patine du temps a su lui donner une dimension quasi naturelle, donnant presque à ses hauts murs l’aspect de falaises rocheuses.
- Le port de pêche
Le port se dissimule derrière l’ancienne base sous-marine, au bout de l’avenue de la Perrière. Cette partie des quais est la plus confidentielle.
- Le port de commerce
Cette partie du port comporte de grands espaces et bâtiments de stockage, des silos, des grues de déchargement sur les quais. Le visiteur qui emprunte le boulevard Jacques Cartier croise ces géants de métal. Cette partie porte aussi un paysage urbain aux images fortes.
Dans ce parcours portuaire, deux éléments aux échelles opposées réussissent à ramener une dimension piétonne :
la présence des transports en communs bus et navette fluviale (embarcadère) ;
l’emploi de la pierre au sol. On la trouve sous forme de zones pavées, de bords de quais, comme un fil conducteur, un indicateur de fréquentations piétonnes.
Le centre-ville et son port de plaisance
Lorient fut détruite à plus de 80 % lors de la Seconde Guerre mondiale. La ville d’aujourd’hui est le fruit d’une reconstruction d’après-guerre et d’un progressif renouvellement urbain. Au lendemain de la guerre, les villes-port détruites ont dû faire de difficiles choix urbains : reconstruire à l’identique comme la ville de Saint-Malo, ou pratiquer la tabula rasa du passé pour un tout nouveau plan, comme Le Havre.
Lorient a choisi de reprendre le tracé originel de la ville. Le projet urbain développant un travail sur l’îlot, ceux-ci sont dans un premier temps simples et compacts, et confiés aux soins d’un architecte différent par ilot. Les constructions sont d’inspiration moderne, et l’écriture architecturale offre une richesse de variation des façades. L’ensemble obtenu donne au centre-ville un aspect homogène.
Les espaces publics sont de gabarit généreux, la présence végétale y est souvent importante. Les arbres replantés après-guerre, ont pris une envergure majeure sur l’espace public : place Jules-Ferry, place Alsace-Lorraine, avenues et mails plantés.
Le port de plaisance entre à l’intérieur de la ville et offre dans son prolongement des quais réaménagés : quai Eric Tabarly, quai des Indes, quai de Rohan... Cette continuité de promenade le long de l’eau renforce le caractère maritime de la ville. Progressivement les terrains militaires sont rétrocédés à la ville et redonnés à l’espace public.
Le port militaire
La présence militaire imprègne toute la ville : l’ancienne base sous-marine, les façades ordonnancées d’immeubles, l’enclos du port, le port militaire, l’arsenal, et des traces plus anciennes de fortifications ou de bunkers.
Les terrains militaires occupent une bonne partie de l’interface maritime, environ un cinquième des quais portuaires leur sont réservés. A ces terrains il faut rajouter l’île Saint-Michel qui sert aux exercices de la marine en cœur de rade.
L’embouchure du Scorff et ses rives
Une fois dépassées les rives militaires, on découvre deux séquences paysagères délimitées par les ponts et passerelles. La première est localisée entre la passerelle piétonne et le pont Saint-Christophe. Sur les deux rives on trouve des circuits de promenade.
Dans les méandres de la rive ouest, des massifs de pins maritimes accompagnent les promeneurs. La rive Est est plus ouverte, avec un alignement planté de pins plus espacés.
La deuxième séquence est une large pièce d’eau perceptible depuis la RN165. Elle revêt un caractère moins urbain, plus naturel. Elle abrite une zone de mouillage, et se compose de larges vasières. Le pont de Sac’h vient fermer cette entrée sur l’embouchure du Scorff, et marque la limite de la ville.
L’aspect naturel est atténué par les silhouettes des immeubles hauts d’habitat collectif. Cette verticalité réintroduit une dimension urbaine.
LA RIVE EST
Gâvres
La presqu’île de Gâvres, urbanisée, devance l’entrée de la rade en face de Port-Louis. Ancienne île, elle est constituée d’un petit port auquel se sont ajoutés des développements pavillonnaires. La pointe sud, donnant sur l’océan, reste marquée par un ensemble assez monumental de bunkers formant un paysage « militaire » aujourd’hui sans usage, et qui abrite un paisible camping.
Port-Louis
A l’entrée de la rade de Lorient, en face de Larmor-Plage, les interfaces maritimes de Port-Louis se découpent selon les séquences suivantes :
une façade tournée vers la rade, donnant une vue directe sur le port de pêche, de commerce, et le port de plaisance de Kernevel. On trouve deux anses avec des sections de plages de sables, et l’anse du Driasker avec son port de plaisance ;
la pointe, fortifiée par Vauban, abrite le musée de la Compagnie des Indes ;
une plage de sable blanc, donnant sur l’ile de Groix et sur Larmor-Plage. Elle est orientée sud et se déroule au pied de l’enceinte fortifiée ;
une entrée sur la baie de Locmalo jusqu’à la table d’orientation.
Le centre de Port-Louis est organisé sur un principe d’îlots construits dans l’enclavement de l’ancienne place militaire. La citadelle occupe le premier site de défense de la rade de Lorient.
L’écriture urbaine dense du centre est en opposition à celle pavillonnaire dominante qui s’étale de façon linéaire aux entrées de bourg. La coupure verte entre Locmiquélic et Port-Louis existe mais ses bénéfices paysagers sont atténués par l’urbanisation pavillonnaire linéaire de part et d’autre des voies.
La petite Mer de Gâvres
Cette pièce de mer unique est placée en antichambre de la rade et en arrière front du littoral. Cette étendue d’eau offre un paysage ouvert sur la mer. Son caractère naturel et sauvage domine. On retrouve çà et là des zones de mouillage qui paraissent bien clairsemées face aux dimensions généreuses de l’étendue d’eau.
Port-Louis offre un vue panoramique sur la totalité de la petite Mer de Gâvres. Le regard saisit instantanément cette vaste étendue. Les horizontales y prédominent. Le cordon dunaire se lit comme un trait délicat entre l’espace de cette mer intérieure et l’océan.
Locmiquélic
Depuis la RD 781, en direction de Port-Louis, on peut percevoir la ville au loin avec ses verticales blanches. La commune fait face au port de Lorient, la vue englobant d’un seul tenant sa complexité.
Deux pointes, Pen Mané Bihan et Sainte-Catherine découpent trois secteurs côtiers distincts mais quasi-naturels avec la présence de vastes vasières.
Les pointes délimitent aussi trois vues différentes vers la rive opposée urbanisée :
un premier large panorama donnant en premier plan sur les vasières et en arrière-plan sur la zone portuaire du Rohu et sur l’arsenal ;
une deuxième séquence avec des rives rapprochées, phénomène amplifié du fait de la covisibilité de l’ile Saint-Michel, zone d’entrainement militaire ;
une dernière séquence en face du port de plaisance de Kernevel.
Le centre et le port sont constitués de maisons de pêcheurs et de pavillons. Au delà, l’urbanisation de la commune est peu dense, voire fortement étalée et dispersée aux entrées de bourg. Cette composition urbaine dilatée contraste avec la densité verticale de l’autre rive.
L’embouchure du Blavet
La rade s’étend sur l’embouchure du Blavet jusqu’au pont du Bonhomme. Lorsque l’on emprunte la RD 194 depuis Lorient, la sortie de la zone artisanale de Lann Gazec correspond à la sortie de l’espace urbanisé. On franchit le ruisseau du Plessix, avec un panorama découvrant un paysage de vasière. Le terrain naturel remonte pour arriver à son point le plus haut au niveau du franchissement du pont. Il est possible de s’arrêter au niveau des piles de l’ancien pont pour admirer le panorama du fond de rade.
Lanester
Dans la continuité de Lorient Est, Lanester s’apparente à un quartier de Lorient. La ville de Lanester se compose principalement de zones pavillonnaires et de logements collectifs. La partie urbaine est partiellement contenue, par le Scorff à l’ouest et le ruisseau du Plessix à l’est, mais s’étend vers le nord-est avec un secteur vaste de zones artisanales, industrielles et d’activités près de la RN165. Au sud se trouve l’arsenal militaire et la zone portuaire du Rohu.
Les motifs paysagers lorientais
La maritimité
L’ambiance marine est omniprésente sur le territoire lorientais, sous différentes formes, pratiques, usages.
Les premiers signes de maritimité se font sentir déjà à terre, par la découverte de chantiers et d’entrepôts marins. Les massifs de pins "maritimes" y contribuent. Ils deviennent des motifs de paysage de bord de mer que l’on retrouve sur les rives de la rade de Lorient.
La reconquête portuaire et maritime de la ville s’est accélérée depuis ces dix dernières années. Des emprises militaires sont progressivement rendues à la ville et à ses habitants, les friches portuaires sont réinvesties, les capacités d’accueil des ports de plaisance augmentent.
La verticalité
Le paysage urbain lorientais a cette particularité de présenter de hautes silhouettes blanches qui ponctuent l’horizon. Ces motifs participent à l’identité paysagère de la ville. D’autres motifs récurrents composent cette verticalité tels les bois de mâts que l’on trouve le long des rives de la rade dans un espace où les ports de plaisance et les zones de mouillage sont nombreux.
La verticalité vient en opposition à l’horizontalité des plans d’eau de la rade et le la mer. Le rapport de contraste fort qui s’installe entre les plans d’eau de la rade et les hautes silhouettes blanches des immeubles d’habitation participe à l’identité paysagère urbaine de Lorient.
On peut citer quelques repères verticaux dans la ville :
le grand immeuble d’habitation remarquablement réhabilité de Georges Tourry-Rolland Castro, un manifeste du renouvellement urbain des reconstructions d’après-guerre ;
les immeubles blancs donnant sur l’embouchure du Scorff à l’entrée nord de la ville. Ces silhouettes se devinent très en amont sur la RN 165 ;
la tour des vents de la cité de la mer Eric Tabarly.
Gestion et développement de l’urbanisation
Une entrée de ville principale qui ne rend pas hommage à la beauté de la ville et de sa rade.
L’écriture des interfaces urbaines de Lorient situées au nord, le long de la nationale 165, reste l’un des principaux enjeux paysagers pour Lorient. La nationale marque la limite entre la zone côtière et les terres, elle détient un fort potentiel de découverte du paysage. Ses franchissements de vallées appellent le regard vers le fond de rade de Lorient, ces vues doivent être préservées.
L’entrée sur Lorient par la N165, présente un étalement urbain commercial omniprésent et oppressant. Il serait souhaitable de pouvoir apaiser cette brutalité visuelle en limitant les implantations nouvelles et les vues directes sur les zones d’activités.
La silhouette de la ville se ponctue de verticales blanches des tours et sombres des pins maritimes. Cette particularité doit être identifiée et préservée.
Ces deux motifs sont de même importance dans la composition et la particularité paysagère de Lorient. Ils doivent être tous les deux préservés autant que possible. Le recours à ces motifs pour la recomposition de l’espace public et les projets de renouvellement urbain doit se faire dans une réflexion globale à l’échelle du paysage de la ville. L’implantation de nouveaux pins qualifiera l’espace comme étant public et piéton. La construction d’immeubles hauts peut souligner les nuances de topographie de la ville et animer en vue lointaine une silhouette pointant vers le ciel en contraste avec l’horizontalité des eaux plutôt calmes de la rade.
Rendre accessibles les bords de rade
La mise en accessibilité des bords de rade doit se concevoir dans une réflexion mêlant à la fois la mise en réseau de perceptions des paysages et la préservation des espaces naturels.
Certains espaces naturels comme les grandes vasières à l’embouchure du Blavet doivent être préservés de tout aménagement invasif ou pouvant attirer trop de visiteurs.
Entretenir la nature opposée des deux rives principales
La rive ouest est urbanisée, investie par les cinq types de ports. La rive est est rurale et naturelle, elle comporte un ancien village de pêcheurs et de grandes vasières.
Maîtriser l’étalement urbain
L’urbanisation sur la commune de Locmiquélic tend à s’étirer en ligne le long du réseau routier. Cette forme d’urbanisation tend à effacer les limites entre l’urbanisation des communes de la pointe. Il serait souhaitable de limiter cet étalement et de l’estomper au possible. Les limites urbaines des communes doivent pouvoir retrouver une lecture immédiate.
On retrouve le même enjeu d’étalement urbain sur la rive ouest entre Ploemeur et Larmor-Plage.
Conserver le caractère portuaire aux aménagements des quais
Les projets de réaménagement de quais portuaires doivent pouvoir conserver la patine urbaine propre aux ports et aux quais de Lorient. Cette rugosité urbaine ne doit pas disparaître aux profit d’aménagements d’espaces publics trop sages.
Renforcer la structure paysagère
La ville se structure autour de la rade et des plans d’eau qui y convergent. L’activité se concentre autour de cet espace central sur lequel les espaces publics ont vocation à se greffer. Mais, cette vocation n’est pas toujours respectée : les vastes emprises de l’arsenal militaro-industriel occupent des positions enviables sur les rivages, sans accès public. Ailleurs cependant, comme le long du Scorff ou du Ter, on trouve de superbes promenades de berges.
La structure primordiale des vallées
L’analyse de la structure naturelle indique l’importance des rivières comme limite de l’agglomération centrale constituée par Lorient et Lanester :
Au sud, les étangs du Ter affirment une limite de Lorient en direction de Ploemeur. Ce rôle de « bornage naturel » peut se poursuivre vers le nord, jusqu’à Quéven.
Au nord de Lorient, le vallon du ruisseau Saint-Eloi représente lui aussi une limite à valoriser, même si c’est la route nationale qui vient sur cette séquence borner la ville parallèlement au ruisseau.
A l’est, le Blavet resté naturel représente une limite d’une lisibilité intéressante.
Ainsi, seule une petite portion de la limite urbaine, située entre Lanester et Hennebont, n’est pas constituée par un vallon.
Le réseau de vallées vient également fédérer les localités périphériques :
Locmiquélic, Port-Louis, Gâvres et Larmor-plage à l’embouchure
Hennebont sur le Blavet
Ploemeur au contact de la « structure » des étangs du Ter
Quéven entre les étangs du Ter et le ruisseau Saint-Eloi
Caudan, associé au ruisseau du Plessis.
Outre leur rôle de limites, les vallées sont en mesure d’offrir des paysages de valeur aux tissus urbains, dans le prolongement de la rade centrale.
Le réseau de vallées est tel qu’il peut constituer la base d’une maille de liaisons douces tissée entre les diverses localités du système urbain, et mettant en valeur le potentiel paysager. Des prolongements sont également souhaitables notamment le long du Scorff, encore insuffisamment accessible.
En ville, la mise en scène des rives amont du Scorff par les pinèdes est constitutive des ambiances de Lorient. Par contraste, l’inaccessibilité des berges des zones d’activité peut s’avérer frustrante et constituer un éventuel programme de reconquête à long terme.
La couronne de cultures apparaît au-delà des vallons, dans une structure lisible qui ne nécessite que d’être confirmée au pourtour des localités périphériques. D’importantes coupures d’urbanisation sont à maintenir vers l’embouchure : à l’ouest de Larmor-Plage, et à l’est de Port-Louis.