Une ambiance montagneuse originale marquée par la forêt de Quénécan et le lac de Guerlédan
Surplombant l’ensemble de la Cornouaille intérieure auquel elle est rattachée, l’unité de paysage "Guerlédan et Quénécan" se singularise à la frontière du Morbihan et des Côtes-d’Armor par ses crêtes alignées et boisées agrémentées par le lac de Guerlédan.
L’unité rassemble des sites touristiques majeurs du centre Bretagne :
le lac de Guerlédan, situé sur la limite avec le département des Côtes-d’Armor
la forêt de Quénécan, sur un relief marqué
les Forges des Salles (pour moitié dans les Côtes-d’Armor).
Le paysage vallonné est animé par une végétation dense, un habitat dispersé et des forêts accrochées aux reliefs, ce qui lui a valu d’être parfois nommé "Petite Suisse Bretonne".
L’unité de paysage est déterminée par une forme particulière des reliefs, une succession de crêtes et de vallons parallèles orientés vers le Blavet qui dessine sa limite à l’est.
Les reliefs de la forêt de Quénécan se détachent nettement des plateaux qui l’environnent et bornent le département au nord à la manière de Brocéliande ou des montagnes Noires tandis que le paysage de Cléguérec s’inscrit davantage en continuité avec le plateau de Pontivy.
Relief et hydrographie
Les reliefs dessinent avec force l’unité de paysage, constituée par les massifs boisés de Quénécan et par le lac de Guerlédan. Selon une direction ouest-est, des vallons parallèles sont séparés par des lignes de crête assez vives.
A l’est de ces alignements, le Blavet oblique vers le sud pour traverser les plissements par une cluse au niveau du barrage de Guerlédan. La présence du lac, contenu dans des reliefs particulièrement vifs, crée un paysage très pittoresque, aux ambiances montagneuses.
A proximité immédiate du lac, le massif de Quénécan occupe une barre rocheuse assez haute dominant le secteur.
Le système se poursuit ensuite au sud, avec une succession de deux vallons séparés par une crête sur laquelle est installé le bourg de Cléguérec.
Les rebords du plateau de Guémené viennent « conclure » cette succession de reliefs.
Végétation et agriculture : un paysage marqué par des ambiances contrastées
Des reliefs boisés
Les hauteurs de Quénécan sont occupées par des boisements de feuillus, tandis qu’au sud, les rebords du plateau de Guémené sont marqués par des boisements de conifères.
Dans la continuité de Quénécan, la forêt domine la rive morbihannaise du lac de Guerlédan, tandis que la rive nord costarmoricaine, offre davantage d’horizons cultivés.
Le plateau cultivé
Autour de Cléguérec, le plateau est très ouvert. La planéité permet de bien percevoir la continuité de ses paysages avec ceux du plateau cultivé de Pontivy Loudéac.
Le bâti et les infrastructures
Le lac et la forêt donnent l’impression de territoires naturels, peu habités.
Cléguérec est la principale agglomération de l’unité de paysage. Positionnée en ligne de crête, elle est particulièrement visible et offre des points de vue intéressants vers les hauteurs de Quénécan, les rebords du plateau ou les grands dégagements du plateau de Pontivy-Loudéac.
Les lotissements pavillonnaires ont déjà considérablement agrandi le bourg initial et atteignent bientôt les limites naturelles de la ville, notamment celle formée par le ruisseau du Guernic au sud-ouest.
L’habitat est dispersé et composé de fermes et de hameaux isolés associés à leur territoire agricole.
Le réseau étoilé des infrastructures (D 15 Silfiac-Pontivy, D 18 Guémené-sur-Scorff-Mur-de-Bretagne, D 159 Malguénac) multiplie les entrées de bourg mises en scène par le relief et les dégagements cultivés qui lui sont associés.
Certaines entrées s’articulent déjà avec qualité au paysage environnant à l’image du cimetière de l’entrée est de Cléguérec, sur la D18, qui dessine clairement les limites de la localité.
Les phénomènes d’étalement urbain linéaire sont cependant à craindre quand les conditions leur sont favorables.
Le barrage de Guerlédan, construit entre 1923 et 1930, a profondément bouleversé le paysage, créant une toute nouvelle configuration. L’eau du lac est venue recouvrir le Blavet, brisant également la continuité du canal de Nantes à Brest. Le lac accueille aujourd’hui d’importantes activités sportives et touristiques, notamment une école de voile.
L’unité de paysage se situe également à proximité de la « ligne centrale » de la Bretagne où semblent se concentrer la plupart des projets éoliens bretons, bien visibles depuis les rebords des reliefs.
Patrimoine archéologique et historique
L’unité est magnifiée par le site mégalithique de l’allée couverte (Bot er Moet) qui signale la position exceptionnelle de belvédère en lisière de la forêt de Quénécan.
Plus à l’intérieur de la forêt, le "Breuil du Chêne", "les rochers du diable" (point culminant de la forêt), rythment une allée forestière menant à un calvaire, évoque quant à lui les profondeurs mystiques de la forêt habitée de légendes et de personnages imaginaires. Un site mystérieux, sombre, rattaché à des croyances locales, et avant tout une motivation pour la promenade.
La forêt a également été le lieu d’une production de charbon de bois et d’un village de charbonniers.
L’unité de paysage de Quénécan et Guerlédan présente beaucoup d’intérêt et une grande originalité. L’ambiance singulière, quasi-montagnarde, très éloignée des clichés côtiers du Morbihan, offre une grande variété de motifs et la possibilité d’en profiter grâce à une bonne accessibilité, des parcours de qualités (GR 37 entre Quénécan, Cléguérec et Pontivy, portions du canal de Nantes à Brest) et de beaux points de vues auxquels s’ajoutent les ambiances des sites "naturels" (forêt et lac).
On peut considérer le site comme un des plus remarquables du Morbihan.
Maintenir une structure paysagère lisible
Coté ville
Le site de Cléguérec est clairement inscrit dans sa charpente naturelle, les limites de la localité sont écrites par les ruisseaux de Kerdréan, du Guernic et leurs affluents.
L’enjeu majeur de paysage est de maintenir la lisibilité de la charpente naturelle comme limite de l’urbanisation. La position des implantations urbaines doit donc être conditionnée par le respect de ces limites, dans une logique de compacité.
Par ailleurs, le traitement paysager de ces limites doit faire l’objet d’un soin particulier, en évitant notamment le positionnement de pignons aveugles en relation directe avec la campagne cultivée.
Une approche qualitative du traitement des franges de la ville est donc à envisager, suivant des dispositifs variés pouvant combiner la fonction esthétique à la pratique de la promenade (possibilité d’un "tour de ville", ponctué par les nombreux points de vue sur les horizons si singuliers de l’unité de paysage).
Il devient indispensable de mettre un terme aux développements pavillonnaires le long des routes (D 15 et D 18) et d’écrire plus clairement les seuils d’entrées de bourg. L’équilibre des paysages appelle de concentrer l’urbanisation à venir dans les "enveloppes" des agglomérations existantes.
Coté forêt
L’attention doit se porter sur le maintien de la lisibilité des lisières de la forêt de Quénécan en :
évitant des effets de mitage urbain ;
valorisant davantage les positions naturelles de belvédère par des circuits de promenades et le dégagement des vues.
Coté lac
Le lac est une destination touristique. Il convient de veiller à ce que les accès voiture et les parkings ne viennent pas déconsidérer la beauté du paysage.
Les équipements de loisirs (base nautique, restauration…) appellent une architecture à la mesure de la beauté du site.
Compléter le réseau de parcours à pied ou à vélo
Les conditions d’accès et de découverte des sites naturels majeurs sont à valoriser en proposant des itinéraires complémentaires de promenades vers des sites de paysages attractifs :
envisager de relier le centre bourg de Cléguérec au canal de Nantes à Brest en s’appuyant sur les ruisseaux de Kerdréan et du Guernic (environ 1 heure à pied) ;
compléter le réseau de promenades de lisières accessible depuis le GR 37 à compléter.